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 le sambo

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MessageSujet: le sambo   Dim 13 Juin - 2:47


Le Sambo (du russe : Самбо) provient d’une contraction de "samozachtchita bez oroujya" (Russe : cамозащита без оружия) et signifie littéralement "autodéfense sans armes".

Cette technique de combat est le résultat d’un travail de collaboration entre trois hommes : Viktor Afanasevich Spiridonov, vétéran de la Guerre Russo-japonaise de 1905, Vasily Sergeevich Oshchepkov, militaire et pionnier du judo soviétique dans les années 1910 et d’Anatoly Arkadevich Kharlampiev, ancien élève d’Oshchepkov et auteur de livres très prolifiques sur le Sambo.

Dès le début de sa création, le Sambo est vite repris par les militaires de l’époque. Son développement spécifique pour les militaires s’effectue sous la supervision de l’Armée rouge tout en conservant un développement parallèle en tant que discipline sportive ouverte au public.

Aujourd'hui, le Sambo (sport de combat), est géré au niveau mondial par une fédération internationale localisée à Moscou : la Fédération Internationale Amateur de Sambo (FIAS). La première compétition de Sambo sportif s’est déroulée en URSS, le 16 novembre 1938, à l'occasion d'un tournoi de lutte libre sur une proposition d’Anatoly Arkadevich Kharlampiev, longtemps décrit à tort comme étant le père du Sambo. Le premier championnat d'URSS s’est tenu en 1939.
Vladimir Poutine, qui pratique lui-même le Sambo, récompensant le vainqueur d'un tournoi à Saint-Pétersbourg en 2001. Le combattants sont vêtus d'une kurtka rouge ou bleue.

Les techniques de Sambo sont très nombreuses (plus de 5 000 prises) et entrent dans trois grandes catégories : les projections, les contrôles articulaires et les immobilisations. Il est rare que les combats de six minutes qui se pratiquent en compétition, arrivent à terme en raison de la limite de temps. Généralement, l'un des deux combattants parvient en effet à prendre l'avantage sur son adversaire. Le Sambo se distingue particulièrement au niveau de ses projections très spectaculaire, dites à l’arrachée, et également au niveau de ses clefs de jambes.

Les combats se disputent sur un tapis de lutte, sous le contrôle d'un arbitre, d'un juge et d'un chef de tapis. Les Samboïstes sont vêtus d'une veste étroite, la Kurtka (« veste » en russe), rouge ou bleu fermée par une ceinture de couleur identique (la ceinture noire est aussi acceptée). Un short (bleu ou rouge assortie à la veste), appelé Trusi, et des chaussures de cuir souple appelées Sambofki, complètent l'équipement des combattants. Pour le cas du Sambo de combat, les combattants sont équipés de gants « coupés ».

Le Sambo se divise en trois formes de pratiques et possèdent toutes leurs particularités propres :

* Sambo sportif "Borba Sambo" (projections et combat au sol) ;
* Sambo de combat "Boevoe Sambo" (percussions pieds-poings autorisées; protège-dents, coquille, protège-tibias et gants sont alors de rigueur) ;
* Sambo de défense, "Combat Sambo Spetsnaz" et "Samoz" (technique d’autodéfense mélangeant toutes les techniques de sports de combats existants, se pratique en pantalon à la place du short et ayant la même couleur que la veste). Cette approche est très souvent associée au "Sambo Militaire".

Parmi les pratiquants célèbres de Sambo, il convient de nommer : Oleg Taktarov, Vladimir Poutine, Andrei Arlovski, Sergueï Kharitonov, Fedor Emelianenko et son frère Aleksander Emelianenko.

En France, seule la Fédération Française de Lutte (FFL/CNS) est reconnue par la Fédération Internationale Amateur de Sambo et à l'agrément et la délégation de pouvoir pour gérer le Sambo en France.

Historique

La levée du voile sur les origines du Sambo

L'histoire des Arts Martiaux Russes a été délibérément faussée par les purges Staliniennes durant la Révolution d'Octobre de 1917. Cette désinformation a été maintenue par les services secrets soviétiques, durant les deux grandes Guerres Mondiales et pendant toute la période de la Guerre Froide. Même chez les soviétiques, beaucoup ont toujours cru jusqu'à tout récemment qu'Anatoly Arkadevich Kharlampiev était le seul et unique fondateur du Sambo et que ce système de combat reposait exclusivement sur les arts martiaux russes anciens. Cette désinformation était répandue chez les pratiquants de Sambo, les grands champions et même chez les instructeurs les plus expérimentés. Des noms comme Viktor Afanasevich Spiridonov et Vasily Sergeevich Oshchepkov étaient restés dans l'ombre jusqu'à tout récemment.

C'est depuis la sortie d'un livre sur le Sambo écrit par Michail Nikolaevich Lukashev, livre qui fit scandale en ex-URSS à sa sortie en 1982, que la vérité sur la création du Sambo commença à être dévoilée. Le dévoilement se poursuivit en 1986 avec la parution d'un second volume sur la généalogie du Sambo. Toute cette épopée s’amorça quand Michail Lukashev débuta ses recherches et trouva ce dossier: - "URSS. NKVD. Département de la région de Moscou. Cas No.2641 à propos de l'accusation de Vasily Sergeevich Oshchepkov selon la clause 58 de l'article 6 du Code Criminel de Russie, Vol 1." Le dossier était très peu documenté. En résumé, il ne relatait en fait que Vasily Sergeevich Oshchepkov, instructeur de lutte libre Judo et d'autodéfense pour l'Armé Rouge, avait été arrêté pour crime de trahison car il espionnait pour le compte des Japonais. Il avait été envoyé au Goulag et exécuté sommairement d'une balle dans la tête. Toutes ces accusations étaient fausses. Michail Lukashev, russe d'origine, pratiquait le Sambo depuis bien des années. Il connaissait bien son art martial ainsi que son curriculum technique, mais moins son historique. Les livres écrits sur le Sambo par son "présumé" fondateur, Anatoly Arkadevich Kharlampiev, ne remontaient pas avant 1949. Michail Lukashev avait cru comme tous qu'Anatoly Kharlampiev était le créateur du Sambo et que le Sambo n'était qu'une synthèse des différents styles de luttes slaves provinciales réalisée par Kharlampiev sur l'ordre de N.I. Podvoiski. C'est ce qu'Anatoly Kharlampiev clamait dans ses livres depuis des années. Mais il subsistait néanmoins quelques incohérences dans l'histoire de Kharlampiev. C'est en lisant un article dans la revue "Ogonyok", "L'histoire du Sambo" par Rahtanov, que Michail Lukashev commença à faire des recherches plus approfondies sur l'origine du Sambo. Rahtanov ne parlait pas de Viktor Spiridonov dans son article. Pourtant, Viktor Spiridonov était un vétéran de la Guerre Russo-japonaise qui avait débuté un travail sur l'autodéfense (le Samoz) bien avant Anatoly Kharlampiev. Autre chose, N.I. Podvoiski était un héros de la révolution en 1922 quand il aurait ordonné à Anatoly Kharlampiev de créer le Sambo. Or, en 1922, Anatoly Kharlampiev n'avait que 15 ans. L’histoire n’était pas crédible. De plus, Rahtanov faisait mention dans son article, d'une déclaration que Kharlampiev avait faite en 1938 au sujet du lien qui existait entre le Judo et le Jujutsu et la création du Sambo, ce qui n'avait jamais été mentionné par Kharlampiev dans aucun de ses livres par la suite. La question demeure sans réponse.

Michail Lukashev commença donc son travail de recherche au sujet de Viktor Spiridonov, sa biographie, son travail. Ce fut un travail ardu et compliqué. La majorité des gens impliqués avec Spiridonov étaient décédés, les archives sur lui au club Dynamo avaient... disparu. Michail Lukashev ne put trouver pendant longtemps, que des histoires orales sur Spiridonov de la part d'amis, de collègues, de voisins. Il finit par tomber sur Fyodor Ivanovich Zhamkov qui était Maître de Sport en titre et qui avait travaillé pour Viktor Spiridonov au Club Dynamo. C'est là qu'il entendit parler pour la toute première fois de Vasily Oshchepkov. Fyodor Zhamkov avait été un étudiant d'Oshchepkov en 1920 à Vladivostok et il avait étudié le Judo avec lui. C'est à partir de ce moment que Michail Lukashev débuta ses recherches sur Vasily Sergeevich Oshchepkov et toute l'histoire du Sambo commença à être dévoilée.


Après la publication de son manuel sur le Sambo en 1982, Michail Lukashev reçut un tollé de plaintes de la part des étudiants d'Anatoly Kharlampiev. Au lieu d'ouvrir une discussion ouverte au sujet de la véritable origine du Sambo racontée par Lukashev et lui prouver son erreur, les étudiants de Kharlampiev écrivirent une lettre de dénonciation et l'expédièrent au Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique. Les accusations étaient plus ou moins ridicules. Le plus étrange, c'est qu'au lieu d'être jetée à la poubelle, la lettre fut envoyée et enregistrée au Comité d'État des Sports d'URSS. Les autorités de ce comité organisèrent une discussion au sujet du livre et de son auteur. Le livre de Michail Lukashev était destiné aux jeunes lecteurs. Il contenait surtout des informations sur les arts martiaux avec un guide d'apprentissage personnel. Ce qui fut le plus surprenant, c'est que c'est les anciens vétérans du Sambo, ceux qui avaient contribué à son développement et à sa propagation à travers tout l'Union Soviétique, qui se sont le plus intéressés à la discussion. Ces vétérans du Sambo connaissaient la véritable histoire du Sambo et pour la première fois, ils pouvaient la raconter. Andrey Andreevich Budzinsky, deux fois champion d'URSS et un des premiers étudiants de Kharlampiev, joua un rôle particulier dans cette histoire. Andrey Budzinsky forma un conseil de vétérans et ils rassemblèrent des archives personnelles, des documents d'états, trouvèrent d'anciens compatriotes du temps, ils envoyèrent des lettres dans les musées, etc. C'est ainsi que de nouvelles informations furent dévoilées. Voici donc l'histoire complète du Sambo.
Les origines du Samoz

Le Samoz est un art martial typiquement Russe. Il fut créé par Viktor Afanasevich Spiridonov pendant la Première Guerre Mondiale. Vétéran de la Guerre Russo-japonaise de 1905, Viktor Spiridonov se basa pour l'élaboration de son système de combat, de son expérience personnelle du combat dans les tranchés où il fut estropié durant la guerre par un coup de baïonnette. Parce qu'il était malade et de petite stature, il composa un système de combat permettant de pouvoir faire face aux pires scénarios dans les conditions les plus extrêmes et en situations de combat défavorables, en tenant compte des facteurs de stress, de peur et de désespoir (l’aspect psychologique à l’entrainement). Viktor Spiridonov était un expert de gymnastique militaire appliquée; sorte de mélange de conditionnement physique et de techniques de combat. - Il est important de préciser qu'à cette époque, il n'existe pas de système de combat "officiel" enseigné systématiquement au personnel militaire. - Il étudia également pendant quelques années, une version européenne du Jiujitsu japonais. C'est sur les bases de la gymnastique militaire appliquée, des connaissances approfondies de la biomécanique du corps humain (déjà très avancées en URSS à cette époque), de la psychologie, du Jujutsu et de son expérience au combat dans des conditions extrêmes, que le Samoz fut élaboré.
Viktor A. Spiridonov fait référence à son système de combat en tant que "Sam" ou "Samoz", diminutif de "Samozashchita" et qui veut simplement dire "autodéfense", et parfois même de "Sambo", qui est un acronyme de "Samozashchita", "Bez" et "Oruzhiya" et se traduit par "autodéfense sans armes". - Il est à noter que le Sambo eut par la suite une évolution différente de celle du Samoz avec l'arrivée d'un autre spécialiste du combat militaire, Vasily Sergeevich Oshchepkov, qui est le véritable investigateur du Sambo. - L'efficacité du Samoz est le critère principal de son art martial. Le Samoz de V.A. Spiridonov est enseigné dans le plus grand secret au Club "Dynamo", centre d'entraînement du KGB (anciennement NKVD), fondé par le Commandant K. Voroshilov, qui était en charge du développement du combat corps à corps militaire. Viktor Spiridonov a été le premier instructeur à y être engagé, spécifiquement pour instruire les troupes spéciales de Joseph Staline (de son vrai nom, Iossif Vissarionovitch Djougatchvili), les fameux "Sokoli Stalina", les Faucons de Staline, ses gardes du corps personnel.
Les Sokoli Stalina à la petite histoire des Spetsnaz

L'histoire de l'entraînement des troupes d'intervention spéciale, des commandos chocs, tels que les Spetsnaz, remonte à la Révolution d'Octobre de 1917 en URSS. À la Révolution Bolchevique, Joseph Staline créa un petit groupe autour de lui, appelé les "Sokoli Stalina" qui se traduit par "Les Faucons de Staline". Ce groupe était composé d'à peine une trentaine d'individus. C'était les troupes d'intervention chocs de Staline. Ils agissaient en tant que gardes du corps, exécutaient des missions de sabotage et d'assassinats, servaient de police secrète, etc. Les Sokoli Stalina reçurent un entraînement spécial. Ils furent formés au Samoz de Spiridonov sous l'œil attentif du NKVD et ce, dans le plus grand des secrets. Le point le plus important de cette formation résidait dans le fait que les Sokoli Stalina devait réussir à développer des tactiques pour que leur actions passent inaperçues et n'aient pas l'air martiales. Le tout se devait d'être subtil et très expéditif. Les Sokoli Stalina restèrent en fonction jusqu'en 1953, à la mort de Staline. Le groupe fut transféré par la suite au KGB, GRU et autre services secrets. Le Samoz est souvent décrit comme une sorte d'Aikido Russe, mais en fait, on le retrouve sous trois grands courants, tout dépendamment de l'époque à laquelle Viktor Spiridonov l'avait enseigné et à quel groupe il l'avait enseigné. La spécialisation de son enseignement variait selon les besoins particuliers des différents groupes militaires: armée régulière, police secrète ("Sokoli Stalina", NKVD, KGB), commando spéciaux (Spetsnaz, GRU), etc. Une partie de l'évolution du Samoz est longtemps restée dans l'ombre du KGB (anciennement le NKVD) et avait été classé "Top Secret", pour un groupe d'élite: les Sokoli Stalina. Les Sokoli Stalina, les Faucons de Staline, étaient la police secrète et les gardes du corps personnel de Joseph Staline jusqu'à son décès. En 1953, à la mort de Staline, ce groupe fut dissout pour être reconverti quelques années plus tard sous une nouvelle unité des Forces Spéciales : les "Spetsnaz".
Les Spetsnaz

Les forces spéciales ont connu plusieurs noms comme les "Reydoviki", mais on les connaît généralement sous l'appellation de Spetsnaz. Le nom Spetsnaz provient d'un acronyme formé de "Spetsialnoe Naznachenie" et qui signifie "Opération Spéciale". La majorité des Spetsnaz est contrôlée par un groupe nommé le GRU "Glavnoe Razvedyvatelnoe Upravlenie" qui se traduit par "La Direction Principale du Service d'Intelligence de l'Union Soviétique". La tâche des Spetsnaz est d'effectuer des opérations de reconnaissance spéciale (Spetsialnaya Razvedka) et se définit comme suit : reconnaissance pour subvertir la politique, l'économie, le potentiel militaire et moral d'un ennemi potentiel ou actuel. L'objectif principal de la reconnaissance spéciale est d'acquérir des informations sur les installations militaires majeures et au besoin de les détruire ou de les mettre hors service; organiser des sabotages et de actes de subversion, mener une opération punitive contre des rebelles; effectuer de la propagande; former et entraîner un détachement d'insurgés, etc. La reconnaissance spéciale est conduite par les troupes pour couvrir les services de renseignements. On retrouve également parmi les affectations des Spetsnaz, les opérations anti-terroristes, les prises d'otages, la protection de dignitaires, et autres opérations demandant un doigté particulier.
L'évolution moderne du Samoz des Sokoli Stalina est devenue par la suite, au fil du temps, sous la tutelle du KGB, le "Combat Sambo Spetsnaz" mieux connu aujourd'hui et popularisé sous le nom de "Systema". On retrouve donc le Samoz selon trois grands courants généraux, qui se subdivisent comme suit et qui sont expliqués à l'aide d'un comparatif japonais :

* Samoz - appliqué pour la police : Forme d'autodéfense ayant pour but de neutraliser l'adversaire avec le minimum de heurts, de le contrôler, de l'immobiliser dans le but de pouvoir procéder à son arrestation. Les techniques de frappes sont présentes mais sont utilisées plus à titre de diversion. L'emphase est plutôt mise sur les techniques de contrôles articulaires et la défense contres armes blanches et armes à feu. Ce système est très similaire au Taihojutsu japonais.
* Samoz - appliqué pour les militaires : Forme de combat ayant pour but de blesser, de neutraliser ou de tuer l'ennemi. Dans cette version, les techniques de frappes, de projections, de luxations sont omniprésentes, de même que les techniques de couteau, de bâton, de chaîne, d'épée, d'armes à feu, etc. Dans sa conception, ce type de Samoz a été élaboré pour des soldats de plus faible stature ou des soldats blessés, pour qu'ils puissent combatte et sortir victorieux d'un combat les plaçant en situation de désavantage. Il existe plusieurs similarités entre ce système et le Taijutsu, le Jujutsu et l'Aikijutsu japonais.
* Samoz - appliqué pour le KGB : Cette forme de combat a été créée de manière à passer presque inaperçue lorsqu'utilisée. Son origine remonte au début de la guerre froide. Lorsque l'on regarde de prime abord, la pratique de cette forme de combat, elle peut sembler être batelé et manquer de finition. Mais il ne faut pas s'y fier, c'est justement l'intention : aux yeux d'un passant dans la rue, l'agent du KGB utilisant cette méthode semble plus avoir été bousculé, avoir accroché son adversaire, vouloir lui porter secours ou tout simplement, s'être débarrassé de sa victime de manière quasi invisible en pleine foule. L'emphase est d’avantage placée sur les principes du combat que sur des techniques proprement dites. On agit toujours avec sobriété en utilisant le minimum de mouvement, d'énergie, pour obtenir le maximum d'efficacité. Cette forme se situe entre l'Aikijutsu, l'Aikido et le Kenpo. On y retrouve également une philosophie d'application ayant plusieurs similitudes avec le Ninjutsu : agir sans être vu, disparaître rapidement, s'adapter et combattre dans n'importe quelle situation, etc.

Du Samoz au Boevoe Sambo

Viktor Afanasevich Spiridonov (1883-1943) est le premier de ces "experts" à être reconnu historiquement. V.A. Spiridonov est un officier russe du début du siècle qui a participé à deux conflits; la Guerre Russo-japonaise et la Première Guerre Mondiale. Il est considéré comme le plus ancien promoteur soviétique de ce qui sera nommé par la suite: le "Sambo". Né en Russie en 1883, il s'est engagé dans l'Armée régulière à l'âge de 17 ans. Il s'y distingue et est dirigé vers l'école d'Infanterie Kazan, d'où il gradua avec succès. Il est alors promu officier dans l'Armée Impériale. En 1905, il participe à la Guerre Russo-japonaise et est envoyé en Mandchourie. Il est décoré à la fin du conflit pour s'être distingué pendant la guerre. C'est à cette période qu'il étudia une version Européen du Jujutsu Japonais. V.A. Spiridonov était un expert de gymnastique militaire appliquée; sorte de mélange de conditionnement physique et de techniques de combat. - Il est important de préciser qu'à cette époque, il n'existe pas de système de combat "officiel" enseigné systématiquement au personnel militaire. Ce type d'instruction ne viendra que plus tard, après la Révolution d'Octobre. - Il a participé par la suite à la Première Guerre Mondiale durant laquelle il est estropié par un coup de baïonnette. Il est alors retiré du conflit et demeure dans l'armée comme réserviste. Combiné aux fait qu'il était malade et de petite stature, il composa un système de combat, le "Samoz", pour pouvoir faire face aux pires scénarios dans les conditions les plus extrêmes et défavorables, en tenant compte des facteurs de stress, de peurs et de désespoirs. En tant que vétéran, il se basa évidemment sur son expérience personnelle du combat dans les tranchés. Il se trouvait dans la réserve au moment de la Révolution d'Octobre de 1917. Favorable à la Révolution, il reprit du service. En 1919, il travailla à la direction principale des blindés de l'Armée Rouge, puis devient instructeur d'autodéfense et de sport pour le district de Moscou, dans le cadre du "Vseobuch" (Instruction Militaire Générale) créé par Vladimir Lénine. C'est à ce moment, en 1921, que pour la première fois, qu'un système de combat pour les militaires est créé. En 1923, un club "sportif" est créé pour l'enseignement spécifique aux militaire, gardes frontières, police spéciale: le Club Dynamo. Le Samoz est alors placé sous la protection de la sécurité d'état, par le NKVD, acronyme de "Narodnyi Komissariat Vnutrennih Del" se traduisant par "Commissariat des Affaires Internes". Le Dynamo devient le lieu de propagation d'un système d'autodéfense gardé secret. V.A. Spiridonov travailla activement à la formation du personnel mais aussi d'une équipe d'instructeurs. Il avait créé à cette époque, un système d'enseignement d'autodéfense dans lequel, l'influence des styles de combats étrangers étaient encore absents. Se référant sur son expérience au combat, de la douleur, de la peur et du sang, il sélectionna les types d'exercices les plus appropriées et les plus adaptables à toutes les situations. La notion de "technique" est absente de son système, ce dernier est plus basé sur la connaissance des fonctions biomécaniques du corps humain et de la psychologie. Dans une situation où la vie est menacée, la rapidité du temps de réponse et d'exécution est également primordiale. Il suivra invariablement ces règles pendant ses vingt années d'enseignement. Sous sa direction, plusieurs sections d'autodéfense du Dynamo sont ouvertes à Leningrad (St-Petersburg), à Rostovondon, à Sverdlovsk (Ekaterenburg), en Ukraine, en Sibérie, en Transcaucasie. On peut dire de V.A. Spiridonov qu'il a influencé la forme martiale du Sambo, d'abord réservée aux troupes spéciales tsaristes. V.A. Spiridonov fait référence à son système de combat en tant que "Sam" ou "Samoz", diminutif de "Samozashchita" (qui veut simplement dire "Autodéfense") et parfois même "Sambo" (qui est un acronyme de "Samozashchita", "Bez" et "Oruzhiya" et se traduit par: "Autodéfense sans armes"). L'efficacité est le critère principal de son art martial. Le Samoz de V.A. Spiridonov est enseigné dans le plus grand secret au Dynamo pour les troupes spéciales de Joseph Staline, les "Sokoli Stalina" (Faucons de Staline), ses gardes du corps personnel. C'est d'ailleurs V. Ryabko, un membre de ces fameux "Sokoli Stalina", qui aurait enseigné à son fils Mikhail, alors âgé de 14 ans, le Samoz de V.A. Spiridonov. Mikhail Ryabko se montre très discret sur l'origine du "Systema", forme évoluée du Samoz. Il n'en parle que très peu, ce qui est très compréhensible. Quand on connaît l'implication qu'ont eue les "Sokoli Stalina" lors des grandes purges staliniennes, des expéditions et des exécutions sommaires au Goulag et du lien qui les unis avec le NKVD (KGB), il y a des souvenirs qu'il vaut mieux éviter de se remémorer. Le Colonel Mikhail Ryabko a été l'instructeur du Capitaine Vladimir Vasiliev. Mikhail Ryabko et Vladimir Vasiliev sont respectivement à l'origine du "Ryabko Systema". Il est donc important de comprendre que M. Ryabko et V. Vasiliev ne sont pas dans l'erreur lorsqu'ils affirment que leur "Systema", qui veut dire "système", ne dérivent pas du Sambo proprement dit, la création du Sambo étant postérieure à celle du Samoz enseigné aux Sokoli Stalina. Mais il est tout aussi essentiel de comprendre que le curriculum du Sambo Sportif (Borba Sambo) se retrouve dans celui du Sambo Militaire (Boevoe Sambo) et que le Samoz est un style de Sambo Militaire. La réciproque, elle, est fausse. C'est pourquoi, en réalité, le Systema comprend en partie l'influence du Sambo (sportif), car le Sambo (sportif) était déjà partie intégrante du Samoz (forme de Sambo Militaire) de cette époque. En effet, Viktor Spiridonov avait créé une forme sportive du Samoz pour l'entraînement des membres du NKVD. Cette forme sportive sera reprise par Vasily Oshchepkov avec l'avènement du Sambo. Le Samoz eu une évolution parallèle au Sambo (militaire et sportif) et aboutira aux différents styles de Systema ("Ryabko Systema", "ROSS Systema", "Kadochinkov Systema", "Svetailo Systema", "Sidorov Systema", etc). D'ailleurs, une autre appellation couramment employée au sujet du Systema est le "Combat Sambo Spetsnaz". Parmi tous ces styles de RMA (Russian Martial Art) il y a aussi: Vyzhivaniya (Survie), Rukopashni Boi et Rukopashnoi Boi (Combat corps à corps), Kulachnoi Boi (Combat corps à corps d'une autre forme), Shtikovoi Boi (Combat à la baïonnette), Golitsin Systema (Style familiale de la Russie pré-soviétique du Prince Boris Golitsin), etc. V.A. Spiridonov travailla activement sur des règles de compétition d'autodéfense, une version sportive du Samoz. Il disait au sujet de la compétition sportive: -"La compétition est malgré tout, le degré maximum d'entraînement et la dernière étape de perfectionnement d'un combattant à l'étude du Samoz ". V.A. Spiridonov sillonna l'Europe et sélectionna les meilleures techniques de boxe anglaise, de boxe française, du Silat Deutsch, du combat corps à corps de l'armée, de l'escrime et du Jujutsu. Il supprima les attaques sur les points vitaux de ce dernier système, car l'habillement épais des Russes les rendaient inopérantes. Il voyagea aussi en Mongolie, en Chine et en Inde pour étudier les traditions martiales Mongol-Védique. Toutes les années précédant la Seconde Guerre Mondiale, il donna les cours de Samoz (en transition vers le Sambo) au Club Dynamo, qui était géré par l'Armée Rouge, plus précisément le KGB. Dans l'enseignement pratique, V.A. Spiridonov a introduit les techniques d'actions, formes d'enchaînements libres privilégiant les combinaisons techniques, élaborées à partir des diverses formes d'autodéfense et de combats singuliers sportifs. Il décéda peu avant la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1943.
Du Boevoe Sambo au Borba Sambo

Le Sambo est un art martial typiquement Russe, bien que sa création repose sur différents types de luttes Slaves, l'apport du Judo et du Jujutsu ont eu une influence non négligeable sur la création de celui-ci. Par contre, il ne faut pas confondre "Sambo" et "Judo Russe", bien que l'un et l'autre se soient mutuellement influencés à des époques bien différentes. Aujourd'hui se sont deux arts martiaux à part entière mais qui comportent certaines similitudes, un peu comme le Jujutsu et le Judo ou comme le Kenpo et le Karaté. En fait, dire du Sambo que c'est du Judo Russe est aussi incohérent que de dire de la Boxe que c'est comme du Karaté Américain. La différence qui sépare ces deux arts martiaux est aussi diamétralement opposée. L'histoire de la création du Sambo est très complexe et controversé. Le Sambo a été créé par les services secrets de l'ex-URSS pour les besoins de l'Armée Rouge et de ses commandos spéciaux, les "Sokoli Stalina" puis les "Spetsnaz". C'est en partie pour cette raison que les services secrets de l'ex-URSS (NKVD, MVD, KGB, GRU et autres...), ont conservés délibérément nébuleux, l'histoire de la création de cet art martial ainsi que son contenu mais également pour des raisons nationalistes dû à la révolution Bolchevique. Le Sambo a été l'objet d'une volumineuse recherche clandestine, d'expérimentations et de propagande. C'est pour ces raisons que les soviets ont tentées de supprimer les tendances patriotiques et indépendantistes des arts martiaux indigènes Slave. Le Sambo était l'espoir Soviétique d'unifier l'État sous un seul et même sport de combat national, au lieu des différentes formes de combats provinciales. Les arts martiaux traditionnels possèdent habituellement un seul fondateur historique. Le Sambo, sport et art martial de synthèse, revendique au moins trois experts russes fondateurs. Il apparaît d'emblée comme le résultat d'un travail collectif et cumulatif. Il faut souligner qu'aucun de ces trois hommes n'est jamais qualifié du titre de "Maître" au sens oriental du terme et que les informations découvertes à leur sujet sont rares et parfois contradictoires. Il n'existe pas de biographies complètes à proprement parler mais plutôt de courts résumés de qualités diverses figurant souvent dans les premières pages des manuels d'entraînement, parfois résumés dans la presse et largement déformés sur Internet. De manière générale, on peut affirmer que Viktor Afanasevich Spiridonov est le premier à établir les bases du Samoz, ce qui deviendra le Sambo par la suite. Vasily Sergeevich Oshchepkov est le véritable investigateur du Sambo. C'est lui qui effectua tout le travail de fond et qui poussa le travail initié par V.A. Spiridonov sur une lancée exponentielle. C'est Vasily Oshchepkov qui est l'ingénieur du Sambo. Anatoly Arkadevich Kharlampiev était l'élève de V.S. Oshchepkov. C'est Anatoly Kharlampiev qui compila et organisa tout le travail de V.S. Oshchepkov à la mort de ce dernier. C'est aussi lui qui s'attribua la paternité de la création du Sambo, se reposant uniquement sur l'apport des luttes Slaves et reniant tout apport Japonais quant à sa création. Il a agit ainsi soit par mégalomanie, s'attribuant ainsi toute la gloire de la création de cet art martial, soit par obligation, ayant reçu l'ordre spécifique de détruire toutes traces d'influences extérieures pour des raisons de nationalisme de cette époque. La vérité sur cette partie d’histoire reste cependant nébuleuse. La description et la philosophie du Sambo a été rendu possible grâce à la collaboration et au développement de connaissance de combat de Viktor Spiridonov, de Vasily Oshchepkov et d'Anatoly Kharlampiev et a éventuellement résulté en classifiant trois niveaux de Sambo:

* Le premier niveau du Sambo : Il a été principalement devisé par Spiridonov avec l'assistance d'Oshchepkov. Ce niveau a été créé pour le sabotage, l'assassinat, l'autodéfense et l'interrogation par les Forces Spéciales Soviétiques. Il a été nommé successivement "Samoz", "Combat Sambo Spetsnaz" et "Systema". Le Sambo ou Samoz de Spiridonov a été classé hautement secret par les autorités et n'existe pas officiellement. En réalité, le style de Spiridonov était populaire parmi les officiers du NKVD (KGB). C'est un style souple qui nécessite beaucoup de pratique avant d'être maîtrisé.
* Le second niveau du Sambo : Il a été créé pour les besoins de maîtrise, d'immobilisation et de contrôle de foule par la Police Soviétique. Si un soldat doit souvent tuer son adversaire, le policier lui, doit le maintenir, le contrôler et l'immobiliser pour pouvoir l'arrêter. Avec l'accord du Gouvernement Soviétique, ce système fut rendu public pour l'utilisation de la police et autres forces de l'ordre ainsi que pour les militaires. Ce système fut supposément créé par Kharlampiev, mais en fait, on sait maintenant que Kharlampiev hérita ce système d'Oshchepkov. En effet, Oshchepkov débuta l'entraînement de la police bien avant que Kharlampiev prenne contrôle de ce système. On parle ici du Sambo d'autodéfense, une forme de Sambo souvent associé et assimilé au Sambo Militaire, au Sambo de Combat ou "Boevoe Sambo", par ce qu'il utilise en plus des contrôles articulaires et des projections, des techniques de frappes et des techniques d'armes.
* Le troisième niveau du Sambo : Il a été intentionnellement dilué pour les besoins de la compétition sportive et comme méthode d'éducation physique pour les militaires ou de futurs militaires. Ce style a été élaboré pour être éventuellement reconnu comme un sport Olympique. Si l'apport de Spiridonov a été prédominant dans le premier niveau du Sambo, c'est la contribution qu'à apporté Oshchepkov qui prédomine au troisième niveau du Sambo. Spiridonov à quand même apporté son assistance à Oshchepkov pour l'élaboration du Sambo Sportif ou "Borba Sambo".

L'histoire débute à la fin de la Guerre Russo-japonaise de 1905, avec un russe nommé Vasily Sergeevich Oshchepkov (1892-1937). Après la défaite de la Russie, l'Île de Sakhaline était devenue un territoire Japonais. Vasily Oshchepkov est né à la fin décembre 1892 dans le village d'Alexandrovsky, sur l'Île Sakhalin, dans un centre pénitencier pour femme. Maria Oshchepkova, sa mère, était une paysanne veuve. Dès ses premières années, l'enfant est marqué à vif: c'est un enfant de naissance illégitime et est fils d'une prisonnière. Il semble que le jeune Vasaya Oshchepkov est destiné à un destin tragique. Vasily Oshchepkov perdit sa mère à l'âge de 11 ans, mais quelques années plus tard, son avenir devint plus prometteur lorsqu'il rencontra un homme noble et exceptionnel; l'Archevêque Nicolai de l'Église Chrétienne Orthodoxe Russe. Sans avoir tous les fonds nécessaires, l'Archevêque Nicolai réussit à fonder quelques écoles au Japon. Dans l'une d'elle, le Séminaire spirituel de Kyoto, Vasily Oshchepkov a pu faire son entrée en 1907 à l'âge de 14 ans grâce à un bienfaiteur inconnu, présumément l'Archevêque Nicolai. Au Séminaire, Vasily Oshchepkov reçu une très bonne éducation, lui permettant de renouer ainsi avec les anciennes traditions russes. Enfin la bonne fortune lui souriait; orphelin, de naissance illégitime, fils d'une prisonnière, il avait la possibilité d'être initié à la prêtrise... mais Vasily avait d'autres intérêts. Parce que l'archevêque était un homme large d'esprit, il donnait la possibilité aux jeunes d'étudier au séminaire le Judo: sorte de lutte Japonaise crée 25 ans au paravent, par Jigoro Kano. Vasily y porta un intérêt très marqué. Élève habile et adroit, il étudia rapidement les techniques de cette forme de lutte japonaise. Son professeur qui l'appréciait bien, lui rendit une importante faveur. Une fois par année avait lieu les sélections des meilleurs élèves pour pouvoir aller étudier le Judo au fameux Kodokan (École de Jigoro Kano, fondateur du Judo). Son professeur, sous le plus grand secret, lui révéla le principe peu usuel pour la réussite de cette sélection. Le jour fatidique arriva. Plusieurs jeunes étaient réunis, agenouillés sur les tatamis de pailles. Le créateur du Judo, Jigoro Kano, commença son discours devant l'assemblée. Le discours à tendance moralisateur fut vraiment très long et franchement ennuyant. Avec tout le respect qui devait être accordé à l'orateur, il était vraiment difficile pour de jeunes gens de rester en place et de ne pas se retourner et regarder ailleurs. Mais Vasily Oshchepkov savait, les instructeurs du Kodokan les surveillaient de près à l'arrière. Chaque mouvement d'inattention, chaque manque de concentration étaient considérés comme un manque de respect envers le Grand Maître et son Judo. Vasily n'avait pas une grande expérience dans le maintien de la position agenouillée japonaise, le seiza. Il avait des crampes, la sensation que des aiguilles lui transperçaient les jambes. Il aurait bien voulu les étirer un peu ou simplement les bouger, mais il resta en seiza sans bouger. Il savait qu'il devait rester immobile et concentré sur les propos de Jigoro Kano pour être sélectionné. Quand finalement, une personne finie par venir le voir pour lui annoncer qu'il était admit au Kodokan, il ne pu même pas se lever. Il roula simplement sur le côté pour pouvoir détendre ses jambes. Dans les archives du Kodokan, on retrouve la trace de l'admission de Vasily Oshchepkov en date du 29 octobre 1911. Vasily étudia le Judo à temps plein avec Jigoro Kano. Même les spécialistes japonais pensait que l'entraînement au Judo japonais était au-delà des forces d'un européen. L'entraînement ne se fit pas sans heurts. En ce temps là, le système était sans pitié et cruel. Il ne faut pas oublier qu'il y a quelques années au paravent, la Guerre Russo-japonaise était en cours. Aussi, Vasily était choisit intentionnellement comme soufre douleur par ses partenaires Japonais. Il n'était pas un partenaire d'entraînement pour eux mais bien un véritable ennemi. Pas assez expérimenté, Vasily Oshchepkov était brutalement jeté sur le tatami, étranglé sans ménagement, il eut même le bras brisé. Malgré tout cela, comme le veut le respect, la courtoisie et la tradition du Judo, il remerciait ses partenaires pour cette leçon et les saluaient humblement sans broncher, et ce, parfois même avec des côtes fracturées. Cet apprentissage à la dure lui sera très utile plus tard en URSS. Et bientôt, Vasily Oshchepkov devint un adversaire redoutable, même pour les plus expérimentés. Vasily ne termina pas simplement le cours de l'institut, mais commença à réclamer le degré de maître, la ceinture noire. Six mois plus tard, le 15 juin 1913, il obtint de Jigoro Kano sa ceinture noire 1er Dan. À cette époque, il était très difficile d'obtenir des grades de la part des maîtres japonais, spécialement pour un étranger et encore plus pour un ancien ennemi d’origine russe. Vasily Oshchepkov était le premier russe et un des quatre premiers Européens à obtenir un grade de ceinture noire de Judo. Grâce à son obstination et à sa persévérance, le jeune russe fut très honoré par de chauds éloges de la part du Grand Maître, Jigoro Kano, qui n'était pas habituellement très généreux dans ce genre de choses. Vasily Oshchepkov garda longtemps les mots de Kano en mémoire: "L'ourse russe a su suivre son propre chemin". Et quelques temps plus tard, il recevra son 2e Dan le 4 octobre 1917. En 1914, à son premier retour en URSS à Vladivostok, il ouvrit une école comportant une cinquantaine de membres et y enseigna le Judo. Il fut le pionnier du Judo en Russie. En ce temps là, la lutte japonaise était nouvelle même pour les états de l'ouest. Après avoir acquis les connaissances de bases relatives au Judo, les membres participèrent à une première compétition internationale Russie-Japon. Le 4 juillet 1917, les élèves de Vasily Oshchepkov ont affrontés l'équipe du Collège Commerciale Otaru dirigé par Hidetoshi Tomabetsu. - Cet événement coïncidait à quelques mois près avec l'ouverture du premier club de Judo européen en 1918: le Budokwai de Londres, fondé par Gunji Koizumi. - Ainsi, la première compétition internationale de Judo n'a pas eu lieu à Paris, à Londres ou à New-York, mais bien à Vladivostok en Russie. Par ce qu'il connaissait le japonais, l'anglais en plus du russe, Vasily Oshchepkov se trouva du travaille comme traducteur dans l'armée russe. Quelques rumeurs circulent d'ailleurs à ce sujet: Vasily Oshchepkov était, à son insu, impliqué dans un plan à long terme des Services Secrets de l'Empire Russe. Ce plan consistait à construire un réseau d'agents capable d'intervenir dans le cas d'une crise politique de l'extrême orient. Les habiletés au combat de V.A. Oshchepkov ainsi que sa maîtrise de la langue japonaise ont été utilisées par l'Armée Rouge lors de son inévitable implication dans le service. En 1917, il supporte la Grande Révolution d'Octobre. Il est envoyé par les nouvelles autorités du pays au Japon et en Chine où il y resta pour un certain temps.

Vladimir Ilitch Lénine créa en 1918 le "Vseobuch" (Vceobshchee Voennoye Obucheni) et se traduit par "Instruction Militaire Général" dans le but d’entraîner la grande Armée Rouge, sous la direction de N. Podovoysky. Cette organisation pour la préparation militaire de la grande Armée Rouge, fut la première étape de développement du Sambo soviétique. Elle est le commencement d'une véritable militarisation du sport en Union Soviétique : des clubs sportifs sont créés dans les usines, les dépôts de chemin de fer et les mines du pays. Le Commandant K. Voroshilov sera en charge du développement du combat corps à corps militaire et fondera le centre d'entraînement du NKVD (futur KGB): le Club Dynamo. V.A. Spiridonov a été le premier instructeur à y être engagé. Le rôle du Komsomol (Organisation des Activités de la Jeunesse) à aussi été très important. Cet organisme forma des cellules de jeunes au combat à mains nues dans des centres paramilitaires. Depuis 1921, V.A. Oshchepkov était commandeur dans l'Armée Rouge et y effectuait un travail quelque peu étrange. Il annonçait et vendait des filmes russe au Japon et en Chine. Cette occupation à la facette civile et commerciale n'était en fait qu'une couverture pour son travail au sein du Service de Renseignement. En ce temps là, le Japon et la Chine étaient des ennemis de L'URSS et une bonne connaissance de ces pays ainsi que du langage local aida grandement Oshchepkov à faire son travail aux renseignements. En tant que maître d'arts martiaux, il eut la possibilité d'étudier le Wushu en Chine. Quand il revint à Vladivostok, il fit ce qu'il aimait le plus: il enseigna les arts martiaux à une nouvelle génération d'étudiants. Mais bientôt, V.A. Oshchepkov fut muté en 1925 à Novossibirsk où il est enrôlé dans l'Armée Rouge à titre de traducteur militaire et détaché au quartier général du district de Sibérie. Vasily Oshchepkov était passé maître dans les difficiles langages d'orient, même les plus grands spécialiste le consultait régulièrement pour lui demander conseil. Mais la lutte, le Judo et l'autodéfense restait la partie principale de sa vie. Il développa, enseigna et propagea sa science du combat, de la lutte et de l'autodéfense dans les milieux militaires. Il fit plusieurs démonstrations d'arts martiaux, notamment à la rencontre de la section d'Osoviahim (Rassemblement de tous les clubs militaires d'URSS pour la préparation des civils) au quartier général militaire du district de Sibérie. Vasily Oshchepkov fit un rapport sur l'autodéfense et souligna comment le Judo était utilisé pour des besoins militaire. Immédiatement il démontra quelques techniques et le public fut très impressionné par son efficacité et par sa façon de désarmer ses assaillants. Il accepta de faire une autre démonstration d'autodéfense contre un groupe d'assaillants. Vasily Oshchepkov devint vite très populaire parmi les officiers du quartier général et il fut invité à enseigné à la section du Dynamo de Novossibirsk. En 1929, Oshchepkov est invité à Moscou pour diriger un "projet spécial de Judo" pour l'Armée Rouge, sous la supervision du directeur du Département d'Éducation Physique, le Général Boris Sergeevich Kalpus. Le Général Kalpus était en charge du développement d'une méthode d'autodéfense pour l'Armée Rouge. Après avoir entendu parler des activités d'Oshchepkov à Novossibirsk, il comprit la valeur de cet homme et qu'il ne fallait pas faire l'erreur de ne pas l'inviter dans son groupe de recherche. En décembre de la même année, la section des sports de l'Armée Rouge de Moscou, ouvrit un cours de deux mois. Le programme d'étude se divisait en trois sections:

* 1) Techniques de projections, Techniques articulaires, Techniques de frappes de mains et de pieds, Techniques d'étranglements.

* 2) Méthode d'autodéfense pour un homme non armée contre un homme, armée d'une mitraillette, d'un revolver, d'un sabre, d'un couteau ou toutes autres armes de combats rapprochés.

* 3) Méthode de combat à mains nues pour deux hommes, basée sur le judo mais avec une approche plus élaborée au niveau de l'autodéfense.
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